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Ori (la tête)

Ori (la tête)
Genre : Danse
Rubrique : Danse

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Chorégraphie : Adedayo Muslim Liadi
Danseurs : Chinedu Franck Konwea, , Adedayo Muslim Liadi, Edet Anthony
Offiong, Uchechukwuneme Augustine Onah, Nneka Celina Umeigbo
Musicien : Adelaja Saidi Llelaboye
Administrateur : Eze Victor Okwuchukwu
Coproduction : Ljodee Company, Centre Culturel Français de Lagos


Minéral. Assis de dos en tailleur il a l'air taillé à coup de serpe, tel une statue de roc très dur sculptée dans la masse. Des chocs discrets aux sonorités de métal assourdies ou de bois mat sécrètent l'atmosphère énigmatique d'un rituel ancien. Auprès de lui, les éléments l'accompagnent : le feu que symbolise un lumignon, l'eau et la terre dans de fines coupelles. Ori est une divinité spirituelle attachée au pouvoir de l'intuition créative. L'homme assis dégage une impression de puissance phénoménale. Compact, rassemblé, il se déplie, amarré au sol ou accouplé à la terre, se tourne pesamment de face, impressionnant par la densité de son corps comme de son regard. Il a une présence drue, lourde, lente. Il crée une danse stagnante qui déchire l'épaisseur de l'air. Au loin, la musique gronde en roulements sourds, vaguement mécaniques. Une voix de femme s'élève, le rituel s'achève, il ramasse la bougie, se dresse et ondule en avançant, étend ses bras comme pour intimer un sens à l'étendue sans nom qui l'entoure. Un second danseur entre sur une marche articulée au plus près de l'os, comme dépouillée de toute volonté musculaire et s'arrête ployé au sol, tandis qu'un trio entre en courant. Alors débute une chorégraphie complexe qui emprunte à la transe ses craintes et ses tremblements, ses flux et ses heurts. De cambrés en cabrés, d'abandons en voluptés, les portés très virils ont des indulgences maternelles. Soudain, c'est la ville qui revient : phrases quasiment "rappées" en pidgin, courses sur place, le groupe s'unit, se solidarise. Une danse de l'immobile s'étire tandis que plane une psalmodie. La gestuelle alterne rebonds dynamiques et mouvements fondus, roulades et oscillations, remous et pulsions guerrières du groupe quand il se resserre. Les ensembles très dansés, très rythmés sont émaillés d'inquiétudes fébriles des mains ou des genoux aussitôt rompus par de larges ports de bras. Adedayo M. Liadi se sert de la danse et de la musique traditionnelles comme sources imaginaires ou comme glossaire de composition. La chorégraphie sait quitter ses origines pour y revenir tout comme elle sait se nourrir d'une multiplicité d'influences et de styles sans se laisser ravir ni séduire. Elle puise au creux de ces langages une singularité certaine.

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